J’ai pas eu le temps d’écrire un article la semaine dernière alors je me permets de parler de quelques films que j’ai vu dernièrement sans en faire un sujet en particulier. (Le premier est nul).
Wasabi (Gérard Krawczyk, 2001)

Quand j’étais petit, j’étais un fan hardcore de Yamakasi, pour certains enfants c’est Le Monde de Nemo, pour d’autres c’est La Reine des Neiges, moi c’était Yamakasi. C’est sûrement le film que j’ai le plus regardé dans ma vie, et dans les bandes-annonces du DVD, il y avait celle de Wasabi, une comédie française assez basique avec Jean Reno dans le premier rôle. Lors d’un vide-grenier, j’ai trouvé et acheté le DVD.
Selon Allociné: Flic solitaire au grand coeur mais aux méthodes parfois musclées, l’inspecteur Hubert se retrouve en vacances forcées après avoir rossé le fils du préfet.
Wasabi est une énième production de film de Luc Besson, réalisée par Gérard Krawczyk, le réalisateur de Taxi 2/3/4. Luc Besson a trouvé son artisan et en voilà une des nombreuses productions. Honnêtement, c’est assez nul, quelques bonnes vannes au début, mais le film s’essouffle si rapidement. Le choc culturel France-Japon est vu et revu, et Jean Reno n’est vraiment pas très bon. Petite pensée à Michel Muller, qui est un peu oublié par le cinéma français malgré sa grande présence dans les années 2000. Bref, c’est oubliable, passons à la suite, et bisous à Carole Bouquet qui fait une douce apparition, peut-être notre meilleure James Bond Girl frenchie ? T’es super Carole.
Bref, passons à la suite.
War Photographer (Christian Frei, 2001)

War Photographer est un documentaire EXCEPTIONNEL sur James Nachtwey, un des plus grands photographes de guerre que le journalisme ait portés. Il raconte la carrière de Nachtwey au travers de différentes époques de travail, en mélangeant des interviews du photographe et des récits de partenaires de travail, ou proches de ce dernier. En reprenant le cours de certaines époques de son travail (le génocide rwandais, la guerre du Kosovo ou le conflit israélo-palestinien), on découvre un personnage énigmatique et mutique qui s’est voué corps et âme dans une quête de monstration des horreurs du monde.
Dans ce documentaire, c’est aussi tout le métier de photographe de guerre qui est exploré, entre la quête d’une photo marquante qui a pour but de bouleverser l’opinion publique et un sens de l’artistique immense. Les photos de Nachtwey sont magnifiques, même si elles dépeignent des tragédies de l’humanité. Au-delà de son travail de terrain raconté au travers de ses dires et ses photos, on le verra aussi travailler hors des zones de conflits sur des sujets qui l’entêtent, l’extrême pauvreté et les famines. Sa capacité d’intégration, malgré son mutisme, au sein de nombreuses situations de tension fait de lui un spectateur de bouleversements, et par son objectif, il nous permet aussi d’y assister.

James Nachtwey un immense photographe, et le documentaire est quant à lui une magnifique mise en lumière de sa personnalité et de son travail. Il est difficile de trouver des productions cinématographiques mettant en scène dignement les photographes de guerre, de souvenir Eyes of War de Danis Tanovic n’était pas fameux, cela dit le récent Civil War d’Alex Garland est exceptionnel et je vous invite à le voir et revoir dans les meilleures conditions.
Je mettrai quelques photos que j’apprécie de James Nachtwey en fin d’article pour éviter à qui préfère l’éviter, de voir ces photos. Certaines sont très difficiles mais j’ai déjà opéré une certaine sélection.
Allez voir ce documentaire que diable.
Plus fort que moi (Kirk Jones, 2025)

Plus fort que moi (« I Swear ») est le film biographique de John Davidson, jeune adolescent écossais qui peu à peu se retrouve être atteint du syndrome Gilles de la Tourette, une pathologie qui est caractérisée par des tics moteurs et vocaux. Vous devez connaître au vu du côté « amusant » de cette maladie. C’est là tout le propos du film : comment paraître normal aux yeux des autres quand on ne cesse de dire ses quatre vérités ou pire, et qu’on ne maîtrise pas ses plus belles grimaces.
Le film est une magnifique comédie dramatique mettant en lumière le tragique de l’évolution de cet adolescent modèle qui peu à peu devient une bête de foire dans son environnement et le sujet de conflits familiaux importants, jusqu’à la rencontre d’une femme qui l’aidera petit à petit à vivre malgré cette pathologie.
Je trouve parfois que les films sur le handicap suivent un schéma narratif et émotionnel similaire, d’Intouchables à Forrest Gump en passant par Hasta la Vista, alternant entre les farces amenées par la situation handicapante des personnages et la tragédie de leur mise au ban de la société. D’autant plus avec cette quête des scénaristes de vouloir trouver le handicap « exclusif », celui qui n’a pas été mis en lumière au cinéma (ça c’est moi qui fais mon râleur).

CEPENDANT, le film est une bombe d’humour et d’émotions, et l’évolution de ce jeune homme, en dépit de son handicap, est bouleversante ; j’ai pleuré de rire et j’ai aussi eu une single tear à d’autres moments.
Petit point sur les acteurs qui sont vraiment, vraiment bons, à commencer par Robert Aramayo qui tient le premier rôle et qui est incroyable dans son interprétation des tics nerveux ; j’ai cru l’acteur réellement atteint par le syndrome de la Tourette, alors que je l’avais déjà vu incarner un elfe ou un jeune Stark dans les séries Les Anneaux de Pouvoir et Game of Thrones. Maxine Peake est quant à elle exceptionnelle, un peu style Helena Bonham Carter, émouvante et chaleureuse. Shirley Henderson, qui joue la mère, est horrible dans son rôle de matriarche qui n’a pas su quoi faire et s’est engagée dans une humeur maussade et prostrée face à la maladie de son fils. Peter Mullan est quant à lui immense en père de substitution bourru et accueillant.
Bref, ce film fait date car il ravit les cœurs malgré le sujet difficile qu’il aborde, celui du handicap et du regard sur autrui.
Samuel (Emilie Tronche, 2024)

Depuis quelques temps, je voyais passer des extraits de ce dessin animé mal dessiné qui semblait aborder la vie d’un enfant, je n’y avais pas beaucoup prêté attention jusqu’à ce que lors du festival Music et Cinéma à Marseille, on m’en parle comme d’une œuvre émouvante et bien plus reconnue que je ne l’avais imaginée. J’ai donc regardé l’intégrale sur YouTube, et c’est top.
Samuel raconte l’histoire d’un jeune enfant en CM2 qui raconte à son journal intime son quotidien, entre ses parents trop chiants, son amour pour la grande Julie et ses relations amicales entre son meilleur copain Corentin et Bérénice qui est trop bizarre.
La série d’animation est réalisée et doublée par Émilie Tronche, animatrice française fille de professeur des écoles dont les productions sont très axées sur l’enfance et le mouvement des corps. On retrouve de nombreuses scènes de danse et la série a d’ailleurs une super BO.
Ce qui est vraiment intéressant dans Samuel, c’est de se replonger dans l’enfance avec un regard frais sur celle-là, de se rendre compte de la simplicité de la vie à cet âge-là et pourtant de la complexité d’être un enfant tant dans son épanouissement qu’en termes de relations. C’est léger, beau et parfois on frise l’émotion tant la série réussit à saisir la poésie de l’enfance. Les chaussures qui courent vite dans la pente près de la place, l’ennui dans les sorties au musée, et le regard à travers la vitre au retour du spectacle de fin d’année, c’était ça aussi l’enfance. La série sait nous rappeler à quel point ces moments anecdotiques sont importants.
J’en profite pour un mini coup de gueule, le prix du merch est passé sous mes yeux : 45 euros le mug et 30 euros l’affiche, vous croyez vous êtes qui bordel ?
As Bestas (Rodrigo Sorogoyen, 2022)

Le fameux film dont tout le monde parlait quand il est sorti mais que je n’ai vu que quatre ans plus tard. Sixième film de Rodrigo Sorogoyen, As Bestas raconte l’histoire d’un couple de Français ayant emménagé dans un petit village du nord de l’Espagne pour changer de vie, sans compter sur leurs voisins qui en ont assez de cette vie isolée et difficile.
J’avais déjà vu un film de Sorogoyen, Que Dios nos perdone, et j’avais vraiment trouvé que c’était un mash-up espagnol de Seven de David Fincher et Rain Man de Barry Levinson. Mais le film était vraiment bon et racontait bien la tension ambiante de l’Espagne et sa police durant les manifestations des Indignés en 2011. Il était dans la trempe de La Isla mínima, ces films espagnols qui nous montrent une image bien plus violente de la société que celle que l’on connaît, avec son passé de guerre civile ou de dictature et sa place si particulière dans une Europe qui ne l’attend pas.
As Bestas, quant à lui, est un excellent thriller, tant dans la tension qu’il crée dans ce conflit de voisinage dont on comprend rapidement la finalité, que dans sa réalisation faite de regards en coin et de nature sauvage. La scène d’introduction donne très vite le tempo du film, celle d’habitants qui contiennent une rage intense dans un calme olympien, une violence silencieuse. Denis Ménochet, qui est pourtant un grand gaillard, est rapidement mis à mal par les blagues de campagnards et les discours amers sur l’évolution dont il ne sait pas se dépêtrer. Les deux frères voisins des Français, Loren et Xan, incarnés par Diego Anido et Luis Zahera, sont quant à eux exceptionnels, bourrus, violents et explosifs, on sent toute la folie qui les habite après toutes ces années de dur labeur sans récompense.
Très proche de Chiens de paille de Sam Peckinpah, le film est vraiment prenant dans ses séquences longues et sa tension du « que va-t-il se passer ? » permanente. Je recommande malgré quelques légères longueurs sur la fin qui transforment le thriller espagnol en film d’auteur français, le casting bi-national permet ce pas de côté et on ne lui en tiendra pas rigueur.
C’est la fin de ce petit résumé de mes dernières projections personnelles, je vous laisse avec le travail de James Nachtwey comme vu plus haut. Prenez soin de vous et vive l’art, la plus belle invention de l’humanité.










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