J’ai pas eu le temps ou l’envie d’écrire un article la semaine dernière alors je me permets de parler de quelques films que j’ai vu dernièrement sans en faire un sujet en particulier.

Man on Fire de Tony Scott (2004)
Cité par ma maman comme le film qui lui a révélé Denzel Washington (j’ai dû confondre au vu du film), c’est un film d’action aux motifs habituels : un vétéran mélancolique et torturé se voit confier une enfant. Cette dernière est enlevée et il fera tout pour la sauver. C’est du facile, on remarquera la présence de quelques bons acteurs secondaires en les personnes de Christopher Walken ou Mickey Rourke, ou, parce que c’est rigolo, Marc Anthony. Le film est éreintant pour la rétine, entre les plans qui s’enchaînent sans arrêt, les flous et les zooms qui saccadent l’histoire et le matériel habituel des films d’action (explosions, fusillades et violence gratuite), c’est dur. Honnêtement, ce n’est pas un grand film mais Denzel tient bon comme à son habitude. J’ai revu des extraits de Flight de Robert Zemeckis (2012), ne serait-ce pas son meilleur rôle ?
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200 mètres de Ameen Nayfeh (2020)
Vu dans le cadre de la 12e édition du Festival de Cinéma Palestinien de Toulouse, 200 mètres est une comédie dramatique assez simple et efficace sur la division des territoires palestiniens. Un homme voit sa famille située à 200 mètres de l’autre côté du mur de séparation. Il fait les allers-retours tous les jours pour voir les siens jusqu’au jour où son visa de passage est révoqué, il doit donc faire le tour du mur grâce à des passeurs peu professionnels. La situation permet de poser un regard sur la situation ubuesque des checkpoints et des travailleurs frontaliers, mais aussi sur les différentes populations palestiniennes qui occuperont le véhicule des passeurs. L’acteur principal étant le très sympathique Ali Suliman, vu dans L’Attentat de Ziad Doueiri (2012) ou la série Jack Ryan de Carlton Cuse et Graham Rolland (2018-2023). Bref, un bon film de médiation pour faire comprendre une des nombreuses situations que peuvent rencontrer les populations palestiniennes.
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Banlieusards 3 de Kery James et Leïla Sy (2026)
La série de films Banlieusards a toujours été très particulière, les sujets étant très clichés, les interprétations souvent douteuses et la réalisation maladroite. Cela dit, malgré les grands bémols des deux premiers opus, le 3e est plutôt réussi. Il aborde les thèmes de la santé mentale, des conflits entre les jeunes rappeurs émergents oscillant entre deux mondes, et réussit à faire bien jouer Lacrim, sincèrement le dernier point était sûrement le plus étonnant. Je ne recommande pas ce film pour autant mais j’ai été surpris par ce 3e et dernier volet. Kery James réussit à rester un curieux personnage malgré toutes ces années.
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Nitram de Justin Kurzel (2021)
Le sketch Gun Control de l’humoriste australien Jim Jefferies parlait rapidement d’un événement tragique arrivé en Australie en 1996 ayant permis la régulation du port d’armes en Australie. Par hasard, j’ai trouvé Nitram dans les bacs de la médiathèque. Le film met en scène Nitram, un jeune Australien un peu touché par la grâce qui, par un concours de circonstances, se retrouve riche et seul avec ses démons, ce qui le mènera lentement vers une folie plus violente. Le film est plutôt lent et traite de façon intelligente les descentes aux enfers des tueurs de masse sans rentrer dans le voyeurisme des derniers instants. Nitram est incarné par Caleb Landry Jones, excellent acteur déjà vu dans Get Out de Jordan Peele (2017) ou Three Billboards de Martin McDonagh (2017), et on relèvera le talent de Judy Davis qui joue la mère froide et dégoûtante avec brio. Essie Davis (aucun lien de parenté avec Judy) est tout autant percutante dans ses moues d’une douce folie. J’ai toujours aimé les films qui mettaient en scène des « fous », les films d’Alan Parker étant sûrement les plus parlants, mais Nitram reste un sacré morceau en matière d’incarnation de l’instabilité mentale.
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In the Manosphere de Louis Theroux (2026)
J’ai découvert Louis Theroux dernièrement, c’est rigolo. Il va falloir que je creuse un peu, même si en France on a déjà l’émission Strip-Tease qui est iconique dans ce même style sans aucun commentaire superflu. La magie du montage. Bref, Louis Theroux chez les mascus, au final, il semblerait qu’ils aient juste tous vécu sans figures paternelles, tout vient de l’enfance disent certains psys. C’est affreux mais rigolo. Et c’est interessant de voir Louis « coincé » par les systèmes de livestream durant ses tournages. Le football il a changé.
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Barbès, Little Algérie d’Hassan Guerra (2024)
Barbès, pendant le confinement/ramadan. Malek, incarné par le rappeur Sofiane, voit son neveu s’incruster chez lui malgré les précédents familiaux. C’est franchement pas mal, et ça trouve bien son équilibre dans la mise en scène de la double culture de Barbès et des binationaux. Un peu d’église, un peu de mosquée, un peu de chorba, un peu de Sacré-Cœur. Ça donne aussi à voir un petit trombinoscope des identités de Barbès, des tchatcheurs tchatcheurs facilitateurs de démarches administratives aux dealers pas gays mais qui se font des bisous après minuit. Sofiane joue simplement, sans fioritures, sans excès de colère, et franchement c’est un plutôt bon rôle, avec un plutôt bon jeu. C’est pas encore les Oscars mais c’est mieux que le remake du Salaire de la peur (Julien Leclercq, 2024).
Voilà, j’ai vu plein d’autres films mais cela devrait suffire à vider ma pensée. Prenez soin de vous, et vive la France rouge.

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