En 2023, j’ai manqué un rendez-vous avec Cécile Allegra. Une histoire de planning et de visa. Je m’occupais de la gestion des invités d’un festival canadien et la star du festival ne viendra pas. Je n’avais pas vu son film et ne connaissais le sujet que par ce qu’on m’en avait raconté. Mais la déception de son absence était palpable pour beaucoup. J’approchais donc ce film avec une certaine attente.
Quand on parle de la vaste question des migrants, on nous en parle comme une masse humaine perdue et sans réelle voix qui traine dans les villes sans autre espoir que celui de repartir vers un autre jour.
Le chant des vivants ne raconte pas ça, tout le contraire.
Bienvenue à Conques, village de 250 habitants dans l’Aveyron, ou l’on découvre une dizaine d’hommes et de femmes pris en charge par une association locale qui vient en aide aux demandeurs d’asile.
Gite, couvert et aide à l’insertion sont au rendez-vous. Mais pas que. Que fait-on des souvenirs ? Après des mois voire des années à traverser l’Afrique et l’Europe, et à braver les hommes et la nature, on en ressort pas indemne. Alors que fait on des souvenirs, des traumatismes et des cicatrices ?
On les chante.
Simpliste ? Maladroit ? Niais ? Peut-être, mais c’est redoutablement beau et pertinent.
Cécile Allegra et Mathias Duplessy (le compositeur) nous offrent ces parcours de vie déchirés à entendre d’une autre façon, les hommes et femmes se racontent d’une autre façon, et ça marche. La justesse du film, réside dans sa capacité à ne pas cacher l’effroyable tout en offrant un autre angle à ces témoignages.
Merci à ces hommes et femmes pour ces belles chansons, bravo au compositeur pour ses belles mélodies et bravo aux habitants du village qui en toile de fond accueillent et accompagnent sans se poser de questions.
La vraie France.

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