Singe Studio

J'ai coupé Insta, bienvenue dans ma tête. Petit recueil de pensées sur le cinéma, la musique, la culture et l'actu !

Le 15h17 pour Paris (Clint Eastwood, 2018)

Je voulais voir ce film depuis un moment. J’en attendais pas grand chose mais ayant été vraiment fan de cinéma de guerre américain dans mes années adolescentes avec Jarhead de Sam Mendes, Greenzone de Paul Greengrass ou Redacted de Brian de Palma (oui c’est pas les films les plus moraux du monde) j’étais curieux.

Eastwood ayant réalisé American Sniper qui est un biopic valorisant un homme atroce mais un bon film de guerre à l’américaine, je voulais voir son approche de cet évènement pour plusieurs raisons.

Le choix d’utiliser les réels héros de cet attentat comme acteurs, mais aussi parce que cet attentat déjoué n’a duré que quelques minutes, donc comment parle t’on pendant tout un film d’un évènement si court ?

Et c’est là tout le problème, de quoi parle ce film ? C’est principalement un récit assez basique de jeunes hommes américains qui finiront avec cet acte héroïque en point d’orgue de leurs vies.

On voit une enfance plutôt religieuse et patriote malgré l’absence de père qui confronte à certaines réalités, puis un enrôlement dans l’armée qui semblait évident vu l’absence de but de leurs jeunes années d’adultes mais aussi leurs ascendants pour les armes factices et la guerre durant leurs parties de jeux d’enfants.

Puis vient l’enrôlement, la guerre étant très peu montrée et les apprentissages de cette dernière n’étant pas très intéressants. Le Héros de notre récit étant affecté à un bataillon de « débrouillards/survivalistes », on est loin de Baleine et de son fusil.

Ensuite on a fini ses classes et on veut voir un peu le monde, alors on va en Europe forcément.

Et là, Eastwood nous fait faire un petit tour d’authenticité européenne, avec les gondoles italiennes, les soirées allemandes et les vieux fous hollandais… Mais on ne sait pas pourquoi. C’est du remplissage de vie ? Une tentative de refaire Eurotrip de Jeff Schaffer ? Bref, on s’emmerde un peu à voir les trois compères visiter tout ce pittoresque avant de prendre ce fameux train et déjouer cet attentat.

Les héros sont héroïques, oui.

Mais qu’est-ce qu’on s’emmerde.

Bref, ce film d’Eastwood est tel qu’il ne remplit aucune case, il ne raconte pas une enfance américaine comme Boy Hood de Richard Linklater, il ne raconte pas la guerre comme Full Metal Jacket de Kubrick, et il passe surtout à coté d’un personnage crucial. Le terroriste.

Imaginer deux vies, et un point de rencontre. Moi j’aurais bien aimé voir ça.

Si j’avais su, j’aurais pas vu.

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