Singe Studio

J'ai coupé Insta, bienvenue dans ma tête. Petit recueil de pensées sur le cinéma, la musique, la culture et l'actu !

Les filles désir (Princia Car, 2025)

Marseille en plein été. À 20 ans, Omar et sa bande, moniteurs de centre aéré et respectés du quartier, classent les filles en deux catégories : celles qu’on baise et celles qu’on épouse. Le retour de Carmen, amie d’enfance ex-prostituée, bouleverse et questionne leur équilibre, le rôle de chacun dans le groupe, leur rapport au sexe et à l’amour.

Honnêtement, c’est pas pire. Un film simple et coloré sur les questions de places dans un groupe. Chacun son rôle, sa place prédéfinie, et chacun sa sexualité, tout ça dans le grand cirque d’un quartier. C’est très manichéen, les rapports de force, les rapports sexuels, tout ça définit qui on est, comment on est perçu, comment on trouve sa place dans cette petite pyramide sociale.

La violence de Marseille est très légèrement abordée, et c’est cool, ça change de Pax Massilia mais en même temps ça frustre. La violence est toujours survolée, on voit un coup de fil, un œil au beurre noir, ou des rappels d’un passé auquel personne n’a vraiment accès sauf ceux qui l’ont vécu mais jamais plus. C’est plaisant de pas forcer avec du déjà vu sur Marseille, on sent qu’il y a une vraie intention de ne pas montrer, de montrer autre chose.

La question du sexisme est centrale dans le film. Entre la drague maladroite dans la rue qui frôle le harcèlement mais qui reste gentille parce que teintée d’humour, ou les rapports à la sexualité qui définissent ta place et ta liberté. Tu couches, tu es libre mais jugée. Tu ne couches pas, on te laisse tranquille mais tu es chiante. La sexualité cristallise le désir mais aussi une forme de dégout social, un peu hypocrite vu que les personnages masculins consomment du porno et vont fréquenter les prostituées.

Mention spéciale à l’acteur Kader Benchoudar dont le personnage passe tout le film à parler salement des femmes et de sa propre sexualité bien dégueulasse. Ce même homme est actuellement en prison pour coup et blessures sur son ex compagne, actor studio.

Au final, le film est léger, simple, un peu trop « on cherche une liberté idéalisée » qui n’existe pas, du coup on baise. C’est tristounet. Le film reste bien mis en scène, d’une belle couleur et les acteurs sont plutôt bons même si le pincement de lèvre colérique est légion. Faudrait arrêter de croire que la colère est le meilleur moyen de juger le jeu d’un acteur alors que c’est surement le plus simple à jouer.

On reste sur notre fin, trop de légèreté sur des sujets si forts. J’aime beaucoup la fin cela dit, aller à Barcelone en scooter volé. Tu finis à Fos en panne sèche mais jeunesse sera vécue. C’était sympa mais allez voir Sheherazade et la série Euphoria, c’est pareil en plus sombre ou plus sexy.

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